Un an après la chute de la dictature de Mouammar Kadhafi, en octobre 2011, l'éviction, dimanche, du premier ministre Moustapha Abou Chagour, qui ne sera pas même parvenu à former son gouvernement, conduit à de nouveau s'interroger: quand la Libye parviendra-t-elle à se doter d'institutions démocratiques fiables? La question est de plus en plus anxiogène dans un pays sous la menace de milices armées passées au crime organisé et qui multiplient les enlèvements crapuleux.
Si les détails dépassent l'entendement des observateurs étrangers, la logique politique du limogeage d'Abou Chagour
est, elle, relativement simple. Revenu aux pays après trente ans d'exil
aux États-Unis, ce professeur en ingénierie électrique a successivement
perdu tous ses appuis. Il a été élu premier ministre avec le soutien
des islamistes contre le libéral Mahmoud Jibril, mais son premier
gouvernement a été rejeté par l'Alliance des forces nationales (AFN) de
Mahmoud Jibril. Il a alors tenté d'imposer une équipe réduite de
technocrates, ce qui a fini de le brouiller avec les différentes tribus
et ses anciens alliés du Parti de la justice et de la construction
(PJC), issu des Frères musulmans. Il semble que ceux-ci, s'étant vengés
de Mahmoud Jibril qui les avait battus aux élections législatives de
juillet dernier, soient maintenant à la recherche d'un nouveau premier
ministre qui ait l'aval de leurs ennemis libéraux.
Le siège de Bani Walid
«Le premier gouvernement n'était pas parfait», a reconnu Abou Chagour. «Nous aurions pu en discuter et le remanier. Mais, a-t-il déploré, les demandes étaient irréalistes: certains exigeaient un portefeuille bien précis pour leur région, un bloc politique a demandé onze portefeuilles et un autre en a exigé neuf!»
Chargé de combler le vide institutionnel, l'ancien premier ministre de transition, Abderrahim al-Kib, risque hélas de ne pas avoir la légitimité suffisante pour dénouer les crises actuelles.
Depuis une semaine, plusieurs milliers de combattants dépendant du ministère de la Défense font le siège de Bani Walid, la seule localité demeurée fidèle à Kadhafi à n'avoir jamais été investie par les rebelles durant la révolution. Parmi ces troupes, celles de la ville de Misrata entendent venger la mort d'Omar Chaban, le Misrati qui a tué Mouammar Kadhafi et qui fut torturé à Bani Walid.
L'assaut contre Bani Walid répond officiellement à la volonté du pouvoir de désarmer les différentes milices. Celles-ci profitent évidemment de l'anarchie. Juma al-Gamaty, une personnalité en vue à Tripoli, qui avait récemment dénoncé la dérive mafieuse des milices à la télévision libyenne, a été enlevé plusieurs heures dimanche par l'une d'entre elles. L'avertissement est lancé à ceux qui tenteraient de contrecarrer le commerce des enlèvements. Un business qui prend de l'ampleur en Libye.
Source : http://www.lefigaro.fr
Le siège de Bani Walid
«Le premier gouvernement n'était pas parfait», a reconnu Abou Chagour. «Nous aurions pu en discuter et le remanier. Mais, a-t-il déploré, les demandes étaient irréalistes: certains exigeaient un portefeuille bien précis pour leur région, un bloc politique a demandé onze portefeuilles et un autre en a exigé neuf!»
Chargé de combler le vide institutionnel, l'ancien premier ministre de transition, Abderrahim al-Kib, risque hélas de ne pas avoir la légitimité suffisante pour dénouer les crises actuelles.
Depuis une semaine, plusieurs milliers de combattants dépendant du ministère de la Défense font le siège de Bani Walid, la seule localité demeurée fidèle à Kadhafi à n'avoir jamais été investie par les rebelles durant la révolution. Parmi ces troupes, celles de la ville de Misrata entendent venger la mort d'Omar Chaban, le Misrati qui a tué Mouammar Kadhafi et qui fut torturé à Bani Walid.
L'assaut contre Bani Walid répond officiellement à la volonté du pouvoir de désarmer les différentes milices. Celles-ci profitent évidemment de l'anarchie. Juma al-Gamaty, une personnalité en vue à Tripoli, qui avait récemment dénoncé la dérive mafieuse des milices à la télévision libyenne, a été enlevé plusieurs heures dimanche par l'une d'entre elles. L'avertissement est lancé à ceux qui tenteraient de contrecarrer le commerce des enlèvements. Un business qui prend de l'ampleur en Libye.
Source : http://www.lefigaro.fr
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