La Russie a annoncé hier le limogeage du chef du district de Krymsk frappé par une crue violente ayant fait 171 morts dans cette région du sud-ouest du pays et dont les habitants sont en colère contre les autorités, malgré l’aide promise par Vladimir Poutine.
Au cours d’une réunion de crise, le gouverneur de la région de Krasnodar a indiqué que la direction du district avait reçu l’alerte de risque d’inondations au moins trois heures avant, mais qu’au cours de ses rencontres avec les habitants, nombre d’entre eux lui avaient dit ne pas avoir été alertés. En conséquence, « j’estime que le chef du district [de Krymsk] doit être relevé de ses fonctions dès aujourd’hui », a ajouté le gouverneur, Alexandre Tkatchev, dans un second communiqué.
Un premier communiqué du gouverneur avait auparavant indiqué que le maire de Krymsk avait également été limogé. Mais selon une source au sein de l’administration régionale, il s’agissait d’une « erreur technique ».
De son côté, le président russe Vladimir Poutine a exigé une analyse « le plus vite possible » des causes de cette « horrible tragédie », pendant une réunion au Kremlin. « Il faut analyser les causes de cet événement - le travail de tous les services, pas seulement pour le système d’alerte, mais aussi pour les équipements hydrauliques - afin d’éviter une répétition de cette tragédie à d’autres endroits », a déclaré M. Poutine, selon l’agence de presse RIA Novosti.
« Cela doit être fait le plus vite possible. Faites-moi part de l’état d’avancement des travaux d’ici à la fin de la semaine », a ajouté M. Poutine devant plusieurs membres du gouvernement.
Sur le terrain, près de 3000 secouristes et spécialistes du ministère russe des Situations d’urgence participaient aux opérations de secours dans la zone sinistrée et encore inondée par endroits.
Plus de 25 000 personnes ont perdu tout ou partie de leurs biens à Krymsk et dans ses environs, dans l’arrière-pays de la Riviera russe de la mer Noire, après les pluies torrentielles survenues dans la nuit de vendredi à samedi, qui ont aussi touché la station balnéaire de Gelendjik et le port voisin de Novorossiisk.
Les premières inhumations ont eu lieu dans un cimetière à la périphérie de Krymsk hier, décrété journée de deuil national par le président Poutine à la mémoire des 171 personnes tuées dans la catastrophe.
Averses tropicales
Les drapeaux étaient en berne au-dessus du Kremlin et d’autres bâtiments publics.
Le directeur du Centre météorologique russe, Roman Vilfand, a indiqué que ces crues avaient été provoquées par des « averses tropicales » d’un niveau record et très localisées : à Krymsk, il est tombé 300 litres d’eau par mètre carré, contre seulement 18 litres 50 km plus loin, a-t-il dit à l’agence de presse Interfax.
Certains habitants continuent néanmoins d’affirmer que le drame a été causé par un lâcher d’eau du lac artificiel de Neberjdaevskoe, situé en amont de Krymsk, et sont en colère malgré l’aide financière promise dès samedi par M. Poutine aux familles des victimes et pour les maisons détruites.
Le ministre des Situations d’urgence, Vladimir Poutchkov, a estimé que le système d’alerte n’avait pas fonctionné correctement, évoquant des « erreurs », selon RIA Novosti.
Fait rare dans le pays, journaux progouvernementaux et journaux d’opposition ont été unanimes hier pour blâmer les autorités locales. « La tragédie de Krymsk […] est la démonstration parfaite de ce à quoi peuvent mener la négligence et la vie au petit bonheur la chance », a écrit le quotidien favorable au Kremlin Izvestia.
Le journal économique Vedomosti a souligné que les autorités étaient conscientes des risques d’inondations dans la région, d’autant qu’elle avait déjà été victime de crues en 2002 ayant fait environ 200 morts.
Source : http://www.ledevoir.com
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