Thursday, May 17, 2012

Un comité de l’ONU dénonce la torture systématique en Syrie

Le Comité contre la torture de l'ONU dit avoir reçu de "sources très variées" des informations faisant état d’opérations communes des services de sécurité avec ordre de tuer, d’exécutions sommaires et de tireurs embusqués contre la population civile.

Le comité de l’ONU contre la torture a dénoncé mercredi à Genève la pratique systématique de la torture en Syrie. Damas a boycotté la réunion et refusé de présenter le rapport que lui avaient demandé les experts du comité. Sur le terrain, les violences ont fait de nouveaux morts.
Les experts de l’ONU ont délibéré en l’absence de délégation de la Syrie. Damas ne leur a pas donné les éléments réclamés sur la base de sources fiables faisant état de violations étendues des dispositions de la Convention contre la torture.
«L’instant est grave, très important», a déclaré la co- rapporteuse du comité de l’ONU Essadia Belmir. «Il y a des charniers que l’on ne connaît pas encore, des lieux de disparitions forcées que l’on est en train de chercher à localiser avec les moyens du bord», a-t-elle dit.

Longue liste de violations
Le président du comité Claudio Grossman, également rapporteur pour la situation en Syrie, a cité une longue liste de violations. Les sources en possession du comité «parlent d’exécutions systématiques de civils, d’opérations conjointes des services de sécurité avec ordre de tuer, d’exécutions sommaires, d’utilisation de balles réelles et de snipers contre la population civile, d’exécutions de manifestants non armés», a-t-il dit.
Ces sources mentionnent aussi «l’utilisation de chars et d’hélicoptères, des arrestations systématiques de blessés dans les hôpitaux, l’irruption des forces de sécurité dans des foyers de civils dont elles ont battu ou exécuté les habitants, femmes et enfants inclus». Elle évoquent encore «des tortures lors de transferts de détenus d’un lieu de détention à l’autre, des tortures lors des interrogatoires, des décès en détention, des détentions et tortures de journalistes, et des arrestations arbitraires».

Violence des opposants aussi
Le comité a dit qu’il ne peut pas non plus fermer les yeux sur les allégations faisant état de violences des groupes armés d’opposition, «qui auraient également recours à des enlèvements et à la torture».
Le 23 novembre, le comité avait demandé un rapport spécial aux autorités de Damas en raison de violations nombreuses de la Convention de l’ONU contre la torture, ratifiée par la Syrie. Damas a contesté l’autorité du comité en affirmant qu’il se basait uniquement sur des allégations et non des faits avérés et a refusé de présenter un nouveau rapport et de participer à la session.
Dans une note adressée au comité, Damas a fait savoir que le nombre total des décès dans les violences était, au 15 mars, de 6144 personnes, dont 478 policiers et 2088 membres des forces armées et de sécurité avec par ailleurs 941 disparus, selon le compte rendu de l’ONU. Le comité de l’ONU contre la torture, réuni pour sa 48e session du 7 mai au 1er juin à Genève.

Observateurs récupérés
Sur le terrain, au moins 26 personnes ont été tuées mercredi dans le pays, dont 15 civils «sommairement exécutés» dans la nuit de mardi à mercredi par les forces du régime syrien lors de l’assaut du quartier Chammas à Homs, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
En outre, au moins 11 personnes ont été tuées dans d’autres violences: cinq dans la province de Deraa (sud), un civil tué dans le pilonnage de la ville rebelle de Rastane et cinq civils tués par les tirs de l’armée à Khan Cheikhoune, dans la région d’Idleb, selon l’OSDH.
Les rebelles syriens ont eux remis mercredi six observateurs chargés de contrôler l’application du cessez-le-feu en Syrie à leurs collègues de l’ONU, selon une source proche des rebelles. Cette équipe d’observateurs a passé la nuit avec les insurgés opposés à Bachar al-Assad dans la ville de Khan Cheikhoun, après l’attaque de leur convoi qui a fait au moins 21 tués la veille.
Par ailleurs, quatre personnes dont un soldat ont été blessées à Tripoli, la principale ville du nord du Liban, dans de nouveaux affrontements entre partisans et opposants au président syrien, selon un responsable au sein des services de sécurité. Ces affrontements ont déjà fait neuf morts et des dizaines de blessés entre samedi et lundi.

Source : http://www.24heures.ch

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